Street Art 2.0, le phénomène « Insta Mirror »

J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec un artiste anonyme, ou plus connu par le pseudonyme « Encoreunestp ». Son nom n’a pas été choisit par hasard, m’explique-t-il, dans Encore|une|stp, il y a le mot « encore », signe que notre homme mystère n’est jamais rassasié, il parle même de never ending story. Son art est assez original, il a fait le choix d’installer des miroirs instagram dans les rues de la capitale, appelé InstaMirror.

Malgré un parcours scolaire assez chaotique, déterminé à entrer en école d’art, il s’est inscrit dans une école d’art en falsifiant ses résultats du baccalauréat ainsi que son diplôme. C’est seulement 8 mois après son insertion dans cette école que sa supercherie a été découverte, il a donc écopé d’une sanction lui interdisant de passer des examens pendant 3 ans. Il a donc été jeté dans la vie professionnelle très tôt, cette aventure lui a cependant permis de confirmer ses talents de graphiste, il a donc décidé d’aller dans cette direction, d’en faire son métier, et est ensuite devenue directeur artistique.

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Depuis 1995 la rue est un véritable terrain de jeu artistique pour lui. Sous couvert de plusieurs pseudonymes, il utilise l’espace urbain et ses différents supports avec diverses techniques artistiques. Depuis 2013, le pseudonyme d’Encoreunestp est son approche la plus contemporaine de ce qu’il peut faire en art. La rue est pour lui le plus grand musée du monde, c’est pour cela qu’il a fait le choix d’exposer ses œuvres dans ce grand musée à ciel ouvert. Son travail artistique tourne essentiellement autour d’addictions, d’excès et il a décidé de se focaliser plus particulièrement sur les réseaux sociaux. En 2013 avec la démocratisation des hashtags, il a tout de suite eu envie de travailler sur ceux-ci. Le #selfie l’a tout de suite intéressé. « En recherchant le bon angle, la bonne lumière, le bon décor, le selfie correspond à notre autoportrait contemporain, faisant écho aux productions photographiques et picturales antérieures » dit-il.

Avec ses insta’mirrors, il cherche à interpeller le public sur le fait que certaines personnes fassent des milliers de kilomètres pour voir un monument et finissent par lui tourner le dos pour se prendre eux en photo avec la bâtisse en toile de fond. En plaçant ses miroirs devant certains monuments, il permet au public de rester face à ce qu’ils sont venus admirer, tout en se prenant en selfie !
Notre homme mystère utilise le réseau social instagram pour pouvoir interpréter un sentiment, une ambiance, un contexte, un instant de vie par une simple photo. Pour lui une photo s’avère beaucoup plus parlante qu’un long texte ou une longue description. Cela correspond en tout point à sa définition de l’art, à savoir le questionnement et l’interprétation. Instagram faisait partie intégrante du point de départ de ses insta’s mirror.

Le choix de l’emplacement de ses œuvres est purement stratégique, il y a deux aspects prit en compte, un premier aspect social-géolocalisation des likes, à se demander quel like pourrait le mieux interpeller le public selon sa localisation. En partant de ce principe, il peut aller coller une œuvre avec le like d’Andy Warhol devant le centre Georges-Pompidou, un Zinédine Zidane devant le Stade de France ou un Jacquie et Michel à Pigalle ! Et un aspect « visibilité« , en ciblant des lieux publics à forte concentration.
Le retour du public a tout de suite été positif. La mise en abyme que notre artiste proposait avec son installation de rues a directement fonctionné. On peut parler d’une forme de street art 2.0 puisque contrairement aux autres œuvres de rue, il est impossible avec ses œuvres d’avoir deux fois la même photo qui circule sur la toile. Chaque « selfiste » faisant partie de son œuvre, ou plutôt NOTRE œuvre car si on considère le selfie comme de l’art, on obtient de l’art dans l’art, une œuvre dans l’œuvre.

Il est possible de se procurer des InstaMirrors’ chez soi, c’est même une manière de soutenir sa création, dit-il. Ses Insta’s minis sont disponibles sur son site (encoreunestp.com), pour les king size, ils sont disponibles sur commande via son adresse mail (encoreunestp@gmail.com). 

Notre artiste à un très grand sens de l’humour, lorsque je lui ai demandé « Dans quel endroit de la capitale pouvons-nous retrouver vos miroirs ? » il m’a répondu « C’est comme les pokemons! faut les chercher! […] », lorsque vous trouverez ses InstaMirrors’ dans les rues de Paris n’hésitez pas à lui envoyer vos selfies, via son compte instagram: encoreunestp, mail (plus haut) ou via le minitel: 3615 code ULLA.

Interview par Leslie Nzuzi

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