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Types de levées de fonds : le guide honnête pour comprendre à quoi vous vous engagez

Naledi Mbemba 10 juillet 2026 8 min de lecture
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La levée de fonds fascine autant qu’elle intimide. Dans l’écosystème startup, annoncer une « série A » ou une « seed » est presque devenu un rite de passage. Mais derrière ces anglicismes, combien d’entrepreneurs savent vraiment ce qu’ils impliquent, ce qu’ils coûtent en termes de contrôle, et surtout s’ils en ont réellement besoin ? Voilà un tour d’horizon honnête.

L’essentiel à retenir

Point cléCe qu’il faut savoir
DéfinitionUne levée de fonds consiste à céder une partie du capital de son entreprise à des investisseurs en échange de liquidités.
Deux grandes catégoriesCapital d’amorçage (pré-seed, seed) pour démarrer, capital de développement (série A, B, C+) pour accélérer.
Chaque type a ses investisseursBusiness angels pour les premiers tours, fonds de Venture Capital pour les séries, grands groupes pour les tours avancés.
La dilution est réelleChaque levée réduit la part des fondateurs dans leur propre entreprise. C’est un coût souvent sous-estimé.
Ce n’est pas la seule optionPrêts, subventions, bootstrapping, revenue-based financing : la levée de fonds n’est pas systématiquement la bonne réponse.

Les types de levées de fonds : comprendre la logique des séries avant de plonger

Une levée de fonds, dans sa définition la plus simple, c’est le fait d’ouvrir le capital de votre entreprise à des investisseurs externes en échange d’argent. Ces investisseurs deviennent actionnaires. Ils espèrent un retour sur investissement, généralement au moment où l’entreprise sera vendue, introduite en bourse, ou suffisamment valorisée pour qu’ils puissent revendre leurs parts avec une plus-value significative.

Le mot clé à retenir dès le départ : dilution. Chaque fois que vous levez des fonds en ouvrant votre capital, votre part dans votre propre entreprise diminue. Si vous détenez 100 % au départ et qu’un investisseur entre à hauteur de 20 %, vous ne possédez plus que 80 %. Répétez l’opération trois ou quatre fois, et vous pouvez vous retrouver minoritaire dans une société que vous avez fondée. Ce n’est ni bien ni mal en soi, mais c’est une réalité que beaucoup de fondateurs intègrent trop tard.

Les différents types de levées de fonds s’organisent selon la maturité de l’entreprise et le montant recherché. L’écosystème a développé un vocabulaire propre, emprunté au monde anglo-saxon, avec des dénominations comme « seed », « série A », « série B » qui correspondent à des stades bien précis du développement d’une startup.

Les principaux types de levées de fonds selon le stade de maturité

Le pré-seed : le financement de l’idée

Le pré-seed (aussi appelé capital d’amorçage) intervient au tout début, quand le projet existe surtout dans la tête de ses fondateurs. L’entreprise n’a souvent pas encore de produit finalisé, pas encore de revenus, parfois même pas encore de structure juridique formelle.

À ce stade, les montants sont modestes : généralement entre quelques dizaines de milliers et 200 000 euros. Les investisseurs qui acceptent de prendre ce risque sont principalement les business angels (des personnes physiques, souvent d’anciens entrepreneurs ou cadres dirigeants, qui investissent leur propre argent), la love money (famille, amis proches), les incubateurs et accélérateurs qui proposent parfois des tickets d’entrée en échange de services d’accompagnement, et parfois les aides publiques comme les dispositifs de Bpifrance.

Ce que l’investisseur finance à ce stade, c’est avant tout l’équipe et l’idée. Il n’y a pas encore de données solides pour évaluer le potentiel commercial. Le risque est maximum, et c’est pour ça que les montants restent limités.

Le seed : valider le concept

Le seed (ou levée de fonds en graine) arrive quand le projet a franchi une première étape de validation : il existe un prototype, une première version du produit ou service, parfois quelques clients ou utilisateurs. L’objectif est de financer la validation du modèle économique et les premières opérations commerciales.

Les montants sont plus élevés qu’en pré-seed : de quelques centaines de milliers d’euros à 1 ou 2 millions. Les business angels restent présents, mais les fonds early-stage (fonds spécialisés dans les premières étapes) commencent à s’intéresser. Le crowdfunding equity (financement participatif en capital) est également une option utilisée à ce stade.

Je me souviens d’une fondatrice dans le secteur des technologies éducatives qui m’avait contactée après une levée seed de 800 000 euros. Elle était rayonnante, et à raison : c’était une belle validation de son projet. Mais deux ans plus tard, elle réalisait que les conditions de sa levée incluaient des clauses de liquidation préférentielle, ce qui signifiait que ses investisseurs seraient remboursés en priorité en cas de vente, même si elle n’y trouvait pas son compte. Elle n’avait pas lu les détails avec son avocat. Ce type de clause, courant dans les levées de fonds, peut modifier radicalement ce que vous toucherez au final.

types de levées de fonds
Photo by CoWomen

La série A : accélérer sur un modèle prouvé

La série A marque un tournant. L’entreprise a maintenant des preuves tangibles : des revenus récurrents, une base d’utilisateurs fidèles, un modèle économique qui tient. L’objectif n’est plus de valider, mais d’accélérer : recruter, ouvrir de nouveaux marchés, scaler (c’est-à-dire faire croître rapidement et à grande échelle).

Les montants levés se situent généralement entre 3 et 15 millions d’euros. Les acteurs principaux à ce stade sont les fonds de Venture Capital (VC), des structures d’investissement professionnelles qui gèrent des portefeuilles de participations dans de nombreuses startups. Ils investissent des sommes importantes et espèrent des retours multipliés lors de leur sortie.

Ce stade exige une préparation sérieuse : le pitch (présentation structurée du projet aux investisseurs), le business plan, les projections financières sur trois à cinq ans, et une due diligence (audit approfondi de l’entreprise) doivent être irréprochables.

La série B : changer d’échelle

La série B s’adresse aux entreprises qui ont prouvé leur modèle et veulent maintenant dominer leur marché ou s’internationaliser. À ce stade, les montants levés sont significatifs : de 10 à 50 millions d’euros, parfois plus. Les Venture Capitalists restent présents, mais des fonds plus importants et des acteurs institutionnels commencent à entrer.

L’enjeu est de passer d’une entreprise qui croît à une entreprise qui prend une position de leader. Les recrutements sont massifs, les investissements en marketing et en infrastructure aussi.

La série C et au-delà : les mégatours

À partir de la série C, on entre dans la cour des grands. Les montants levés peuvent atteindre plusieurs dizaines ou centaines de millions d’euros. Les objectifs sont variés : acquisitions de concurrents, expansion internationale massive, préparation à une introduction en bourse (IPO, pour Initial Public Offering, soit la mise en vente d’actions sur les marchés financiers), ou sortie partielle pour les premiers investisseurs.

C’est à ce stade que certaines startups atteignent le statut de licorne (une startup valorisée à plus d’un milliard de dollars). Les investisseurs sont des fonds de private equity, des fonds souverains, des grands groupes industriels ou financiers.

À LIRE : Subventions Bpifrance : le guide honnête pour enfin décrocher une aide

Les instruments alternatifs : BSAR, BSA Air, obligations convertibles

Tous les types de levées de fonds ne passent pas obligatoirement par une augmentation de capital immédiate. Il existe des instruments hybrides qui permettent de lever des fonds en différant ou en conditionnant la dilution :

La première fois que j’ai assisté à une table ronde sur les alternatives à la levée de fonds traditionnelle, j’ai été frappée par le nombre de fondateurs qui découvraient le RBF. Plusieurs d’entre eux avaient levé en série A deux ans plus tôt et regrettaient la pression permanente de leurs investisseurs sur les métriques de croissance. L’un d’eux a dit quelque chose qui m’a marquée : « J’aurais préféré rester maître chez moi et grandir moins vite. » Cette phrase résume un vrai débat que peu d’articles osent vraiment poser.

différents types de levées de fonds manenzi
Image générée par une IA – MANENZI

Choisir le bon type de financement, c’est choisir le bon partenaire pour votre trajectoire. Prenez le temps de comprendre ce à quoi vous vous engagez avant de signer, parce que prendre soin de votre entreprise, c’est d’abord prendre soin de vous.

Naledi Mbemba
Naledi Mbemba
Franco-congolaise, 37 ans, j'ai grandi entre Paris et Kinshasa, deux villes qui m'ont appris très tôt que le business, ça ne ressemble pas à un seul visage. Double master en marketing stratégique et en management des entreprises, j'ai travaillé aussi bien en agence qu'en startup, avant de me lancer à mon compte. Aujourd'hui, j'écris sur le business parce que j'en ai assez que le monde de l'entreprise soit perçu comme un club fermé. Mon crédo : rendre le monde du business lisible pour tout le monde. Pas de condescendance, pas de jargon gratuit, juste des clés concrètes pour comprendre et agir.