La douche à l’italienne, c’est le projet salle de bain numéro un en France depuis plusieurs années. Tout le monde en veut une. Et beaucoup de gens se font une idée du budget très en dessous de la réalité, parce qu’ils ont vu une vidéo YouTube où quelqu’un a tout fait lui-même un week-end avec 400 euros de carrelage. Je ne vous dis pas que c’est impossible. Je vous dis que ce n’est pas ce qui vous attend, dans 90 % des cas.
| Budget moyen tout compris | Entre 2 000 et 7 000 euros en rénovation, selon la configuration et les matériaux |
| En construction neuve | Entre 1 500 et 4 000 euros, beaucoup plus simple car pas de démolition ni de contraintes |
| Poste le plus coûteux | La main-d’œuvre et l’étanchéité, qui représentent 40 à 50 % du budget total |
| Receveur à carreler | Le plus cher et le plus complexe, mais le plus qualitatif visuellement |
| Receveur extra-plat | La solution la plus accessible et rapide, résultat quasi identique à l’œil |
| Erreur classique | Ne pas prévoir l’évacuation et la pente dans le budget initial |
Comprendre pourquoi le budget pour faire une douche à l’italienne est souvent sous-estimé
La douche à l’italienne se distingue de la douche classique par un seul point fondamental : il n’y a pas de bac surélevé, pas de marche, pas de ressaut. Le sol de la douche est dans la continuité du sol de la salle de bain. C’est ce qui lui donne cet aspect épuré et accessible, particulièrement apprécié des personnes à mobilité réduite ou des seniors.
Mais pour y parvenir, il faut que l’eau s’écoule naturellement vers une bonde ou un caniveau, et ça, ça ne s’improvise pas. La surface de douche doit être légèrement inclinée, environ 1 à 2 % de pente, vers le point d’évacuation. Cette pente doit être intégrée dans le sol lui-même, ce qui implique soit une chape d’enrobage, c’est-à-dire une couche de béton armé coulée sur mesure pour former la pente, soit un receveur à carreler qui intègre déjà la pente dans sa conception.
C’est là que les budgets explosent par rapport aux attentes initiales. On pense « quelques carreaux et un tuyau », et on découvre que ça implique de casser le sol existant, de refaire l’évacuation, d’assurer une étanchéité parfaite et de reconstituer une surface parfaitement nivelée avec la pente voulue. En rénovation, le sol existant est presque toujours à reprendre en profondeur.
Je me souviens d’un dossier de rénovation salle de bain dans un appartement des années 1970 à Marseille. Les propriétaires avaient prévu 2 500 euros pour leur douche à l’italienne. Quand le carreleur est venu évaluer le chantier, il a découvert que le plancher béton était trop haut pour permettre d’abaisser le niveau de sol suffisamment tout en maintenant la bonde à la bonne hauteur. Il a fallu déposer une partie du plancher, reprendre les fondations localement, refaire la chape avec la pente intégrée. Budget final : 5 800 euros. Pas d’arnaque, juste la réalité d’un immeuble des années 1970 avec ses contraintes structurelles.
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Le budget pour faire une douche à l’italienne poste par poste

Pour comprendre d’où vient le coût total, il faut décomposer le projet en postes distincts, chacun avec ses propres variables.
La démolition et la préparation en rénovation, c’est le premier poste souvent oublié dans les estimations de départ. Déposer l’ancienne baignoire ou la douche existante, évacuer les gravats, préparer le sol : comptez entre 100 et 700 euros selon l’accès au chantier et le volume à évacuer.
Le receveur est l’élément central, et le choix entre les trois options disponibles influence fortement le coût total. Le receveur extra-plat, simplement posé sur le sol après préparation, est la solution la plus rapide et la moins chère : entre 150 et 500 euros pour le receveur seul, avec une pose relativement simple. Le receveur à carreler est un plateau technique prêt à recevoir les carreaux, déjà formé avec la pente intégrée : entre 200 et 600 euros pour le support, plus le coût du carrelage et de la pose. La douche maçonnée entièrement réalisée sur place, sans receveur industriel, offre les plus grandes libertés de forme et de taille mais demande le plus de savoir-faire et de temps : c’est le poste main-d’œuvre le plus élevé.
L’évacuation est souvent négligée dans les estimations. Une bonde centrale coûte entre 40 et 100 euros hors pose. Un caniveau de douche, cette grille linéaire le long d’un mur qui évacue toute la largeur de la douche, est plus esthétique et offre un meilleur débit : entre 40 et 250 euros hors pose. Les caniveaux haut de gamme en laiton brossé ou en inox mat peuvent monter au-delà de 400 euros pièce.
Le revêtement de sol et de mur représente une part significative du budget mais aussi la partie sur laquelle vous avez le plus de marge de manœuvre :
- Le carrelage grès cérame est le plus courant, résistant, facile à entretenir. Comptez entre 30 et 100 euros par m², fourniture et pose incluses selon la qualité. Les grands formats (60×60 cm et plus) réduisent le nombre de joints et simplifient l’entretien mais coûtent plus cher à la pose.
- Le béton ciré est tendance et sans joint, ce qui facilite le nettoyage. Comptez entre 80 et 150 euros par m² fourniture et pose incluses selon l’applicateur. Il demande une très bonne étanchéité préalable et un entretien spécifique avec un produit protecteur régulier.
- Le carrelage imitation marbre ou les grands formats effet pierre naturelle sont très populaires mais plus chers, entre 60 et 180 euros par m² selon le format et la qualité.
La robinetterie et la colonne de douche varient dans une fourchette large. Une colonne thermostatique d’entrée de gamme se trouve à partir de 150 euros. Une colonne design avec pluie de tête, douchette et jets latéraux peut dépasser 1 500 euros. La barre de douche simple avec mitigeur reste la solution la plus économique, autour de 80 à 300 euros selon la marque.
La paroi de verre est optionnelle dans une douche à l’italienne, contrairement à une douche classique. Une paroi simple fixe coûte entre 150 et 400 euros. Une paroi coulissante ou pivotante, de meilleure qualité, entre 300 et 800 euros. Certaines configurations choisissent de n’en mettre aucune, notamment dans les grandes salles de bain avec un espace séparé en retrait.
La main-d’œuvre représente 40 à 50 % du budget total sur un chantier standard. Pour une installation de trois jours chez un artisan qualifié, comptez entre 800 et 1 800 euros de main-d’œuvre hors matériaux, selon la région et la complexité du chantier.
Sur un chantier de réhabilitation d’une résidence sociale dans le Nord, on avait opté pour des douches à l’italienne avec receveurs extra-plats pour une trentaine de logements. La décision avait été purement économique : les receveurs extra-plats réduisaient considérablement le temps de pose et permettaient de tenir les délais. Résultat visuel très correct, entretien facilité pour les locataires, et un budget de 1 800 euros par salle de bain en moyenne, tout compris. Preuve que bien choisir ses options peut diviser le budget par deux sans sacrifier le confort.
Ce qui peut faire exploser le budget sans prévenir

Quelques situations particulières font bondir les devis de manière significative.
La hauteur sous plafond insuffisante dans les immeubles anciens pose parfois des problèmes avec les colonnes de douche à tête pluie, qui nécessitent une hauteur minimale de 2,20 mètres au-dessus du receveur. Si le plafond est trop bas, il faut soit renoncer à ce type de pomme de douche, soit rehausser l’installation autrement, avec un coût supplémentaire.
L’accès difficile aux évacuations existantes dans certains appartements au dernier étage ou en maison sur vide sanitaire peut nécessiter des travaux de plomberie significatifs pour repositionner la bonde à l’endroit voulu.
L’état de l’étanchéité existante : si des travaux d’étanchéité importants sont à réaliser sur les murs adjacents, c’est un poste supplémentaire entre 200 et 600 euros. L’étanchéité dans une douche à l’italienne n’est pas optionnelle, c’est elle qui protège votre plancher et le logement du dessous des infiltrations.
Voici les questions à poser avant de signer un devis pour éviter les mauvaises surprises :
- La pente du sol est-elle incluse dans le devis, et comment est-elle réalisée ?
- L’évacuation existante est-elle à la bonne hauteur et au bon emplacement pour accueillir le nouveau système ?
- L’étanchéité des zones humides (sols et murs jusqu’à 2 mètres de hauteur) est-elle incluse ?
- Le devis inclut-il la dépose et l’évacuation de l’installation existante ?
Une douche à l’italienne bien faite, c’est vingt ans de confort et d’élégance. Une douche à l’italienne mal faite, c’est vingt ans de fuites. Entre les deux, il y a souvent juste la différence entre le devis qu’on a choisi et celui qu’on aurait dû prendre.